Préménopause - témoignage et réflexion ayurvédique

Dans le cadre de l'atelier Yoga et Ayurvéda sur la périménopause que je propose en mars, j'avais envie de partager mon témoignage de la préménopause, période qui précède de quelques années la ménopause et commence en moyenne autour de 45 ans. La ménopause s'installera ensuite après une année complète sans menstruation en moyenne à 51 ans pour les françaises. 

 

Ce témoignage permettra, je l'espère, de faire mieux comprendre la vision de l'Ayurvéda sur cette période de transition et plus globalement les possibilités d'accompagnement qu'elle nous offre.

 

Une majorité des femmes expérimenteront à cette période à minima un symptôme sans forcément faire le lien avec le système hormonal tant les symptômes peuvent être variés (douleurs articulaires, fatigue, problèmes urinaires, problèmes digestifs...). Or reconnaître les symptômes de la périménopause et les appréhender sous l'aspect hormonal et non pas simplement structurel est important pour agir sur la cause et non pas seulement sur le symptôme. Il est évident que si ces symptômes sont importants, il sera indispensable de consulter son médecin pour s'assurer du caractère hormonal et transitoire et écarter une maladie. Car nous sommes bien d'accord la ménopause n'est pas une maladie toutefois certains symptômes peuvent entraver de manière importante et pendant plusieurs mois voire plus longtemps le bien-être et la vitalité des femmes.

 

Notre hygiène de vie, notre alimentation, la réduction du stress sous toutes ses formes et une quinzaine de plantes merveilleuses (gattilier, bourrache, sauge, cimicifuga, igname sauvage, angélique... ) peuvent nous accompagner au travers de cette période un rien chamboulante pour certaines d'entre nous ! 

 

Cet article repose donc sur mon vécu mais surtout sur l'enseignement en médecine ayurvédique et phytothérapie ayurvédique reçu par le Vaidya Atreya Smith. Ce dernier accompagne depuis plus de 30 ans, sur le sujet, les femmes en France et en Suisse où il enseigne et consulte désormais. Il est à noter que la Suisse reconnait l'Ayurvéda en tant que médecine complémentaire, ainsi nos consoeurs helvètes ont le choix de se tourner vers l'Ayurvéda pour être accompagner pendant la périménopause (1).

 

 (1) Les Suisses peuvent donc avoir accès aux médecines complémentaires pratiquées par un non-médecin et bénéficier de la couverture d’une assurance complémentaire si et seulement si, son thérapeute est reconnu par l’ASCA et/ou la RME selon les critères de sa compagnie d’assurance. L'école d'Atreya Smith EIVS est accrédité par l'ASCA.

 

>> QUELQUES ELEMENTS DE CONTEXTE 

 

> Parler de la ménopause pour faire tomber un tabou encore bien réel

 

« On parle aujourd'hui plus facilement d'endométriose, de règles ou d'infertilité, mais le dernier des tabous féminins, c'est la ménopause. Il faut bien avouer que celle-ci, tout à fait physiologique, qui survient vers 51 ans, s'avère être une inégalité majeure entre les femmes et les hommes »

« Alors même que 87 % des femmes de 45 à 50 ans sont touchées par au moins un symptôme de la ménopause». (2)

 

Cette période de la vie des femmes est encore taboue dans le monde du travail comme le souligne Brigitte Letombe, gynécologue, auditionnée au Sénat le 2 mars 2023. Mais avouons que le sujet est aussi tabou dans la sphère privée.  Je reconnais avoir moi-même quelques freins à relater mon expérience. Ce n'est effectivement pas très glamour de se réveiller plusieurs fois par nuit à cause d'énormes bouffées de chaleur. Cela ne donne pas une image très valorisante de soi quand on traverse des mois de fatigue ou de douleurs articulaires, musculaires nous empêchant de suivre compagnon, amis ou enfants dans une randonnée. Et alors là, pas du tout sexy, de parler fuite urinaire ou hémorroïde alors que les symptômes génito-urinaires touchent 67 % des femmes durant cette période (2)

 

En tant qu'enseignante de yoga et praticienne en Ayurvéda avec une hygiène de vie plutôt saine, j'avoue qu'une partie de moi est un peu vexée de ne pas passer au travers des bouffées de chaleur. Une autre partie de moi est en revanche tout à fait consciente que je réunissais beaucoup des conditions favorables pour qu'elles soient là au moment venu !

 

> Une incidence bien réelle sur nos vies professionnelles et personnelles

 

« La ménopause survient souvent chez les femmes alors qu’elles sont au sommet de leur carrière. (...) Se sentant moins performantes, manquant de confiance en elles à cet âge, certaines femmes angoissées refusent les promotions et se tournent vers une retraite prématurée ou une reconversion ». 

« Par exemple, parmi les symptômes fréquents figurent des douleurs articulaires marquées du fait de la carence œstrogénique. Ces symptômes peuvent être source de difficultés pour exercer un travail physique notamment et peuvent accentuer le risque de TMS ». (2)

  

> Des symptômes variés et variables en gravité et dans la durée

 

« 25% des femmes ont une symptomologie grave avec des symptômes qui peuvent se poursuivre dans la durée ».

« 73 % d’entre elles le sont encore entre 61 et 65 ans ». (2)

 

(2) Brigitte Letombe, auditionnée le 2 mars 2023 par la délégation dans le cadre de la table ronde sur la santé sexuelle et reproductive au travail au Sénat, membre du bureau du Groupe d'étude sur la ménopause et le vieillissement hormonal (Gemvi).

 

 

 >> MON TEMOIGNAGE AU FIL DES ANNEES 

 

Un fois posés ces quelques éléments de contexte, je rappelle que mon témoignage est une illustration de ce que peut traverser une femme.  En Ayurvéda, même si on répertorie une vingtaine de symptômes principaux de périménopause, la combinaison, l'expression de ces derniers sera toujours singulière d'une femme à l'autre suivant sa constitution de naissance (Prakriti) et son état de déséquilibre (Vikriti).  

J'avais lu, il y a longtemps déjà, dans un ouvrage d'Ayurvéda qu'il fallait se préoccuper de la ménopause dès nos 35 ans. A l'époque autant vous dire que j'avais trouvé que l'auteur exagérait. Je dois bien avouer qu'avec le recul, je comprends désormais ce qu'il voulait dire. Dès cet âge en effet, la progestérone commence à décliner lentement mais surement avant que ce soit le tour des oestrogènes qui autour des 45 ans vont commencer à fluctuer tout en diminuant. C'est à la fois le déséquilibre entre le taux de progestérone versus celui d'oestrogènes et la diminution globale des deux hormones qui vont occasionner ces symptômes. Plus notre système hormonal sera bien équilibré avant nos 45 ans et plus la traversée de cette période de  fluctuations hormonales sera heureuse.

 

Cependant cet équilibre est de plus en plus difficile à maintenir pour les femmes occidentales tant dans nos vies  s'invitent stress, vitesse, pollution environnementale, sucre, excitants, horaires irréguliers, manque de sommeil et affectif, chocs émotionnels ...  Pour certaines femmes, ce déséquilibre se fera sentir dès la période de fertilité par l'apparition de troubles menstruels et pour d'autres lors de cette période charnière qu'est la périménopause.

 

Pour  l'Ayurvéda, les femmes de Prakriti Vata et Pitta seront plus sujettes aux symptômes de périménopause que les femmes de Prakriti Kapha, toutefois une femme Kapha avec un fort déséquilibre Vata (stress, problèmes émotionnels, horaires irréguliers...) pourra elle aussi avoir des symptômes comme à contrario des femmes Vata et Pitta en excellente santé, c'est-à-dire sans Vikriti (déséquilibre) pourront traverser cette période sans aucun trouble. Si les notions de Doshas, Prakriti, Vikriti vous sont inconnues, je vous invite à aller regarder ma page ayurveda avant de continuer la lecture de cet article.

 

Voici donc justement le témoignage d'une femme de Prakriti Pitta avec une Vikriti Vata installée depuis très longtemps. 

 

> 37/40 ans apparition progressive de symptômes menstruels après un épuisement nerveux 

 

D'autant que je me souvienne j'ai toujours eu un cycle très régulier de 28 jours, typique de ma constitution ayurvédique  Pitta. Jusqu'à mes 35 ans soit pendant plus de vingt années, je n'ai jamais vraiment souffert pendant mes règles ni mon cycle. Je ressentais parfois de légères tensions dans le ventre et le bas du dos quelques heures avant le début des règles. 

 

Autour de mes 35 ans, j'ai vécu deux années de stress professionnel intense qui m'amenèrent à quitter mon travail pour cause de burn-out. A cela ce sont rajoutées quelques années de yoyo émotionnel lors d'un parcours de PMA et d'adoption qui n'aura pas abouti. Je pense que c'est autour des mes 38 ans que s'est développé de manière progressive et insidieuse un symptôme menstruel qui deviendra chronique : des céphalées apparaissant soit avant, pendant ou après les règles. Je me rappelle avoir alors essayé de trouver des solutions naturelles en médecine chinoise (plantes et acupuncture) sans succès. Je ne remets pas en cause l'efficacité de ces dernières mais peut-être n'avais-je pas trouvé alors le bon praticien ou peut-être que la posologie et la durée du traitement n'était pas adapté.

Autour de mes 45 ans,  j'ai revécu une autre période de stress assez chronique de plusieurs mois.  Malgré le yoga, une alimentation saine, naturelle... les céphalées sont devenus chroniques et la seule manière pour moins de les soulager jusqu'à récemment fut de prendre ponctuellement des antalgiques.

 

En Ayurvéda, le stress va fortement perturber le dosha Vata qui est le chef d'orchestre de tout le système endocrinien du corps. Ainsi un stress ou un choc émotionnel très important peuvent par exemple arrêter notre cycle. On comprend aisément que Vata va stopper la fabrication des hormones sexuelles au profit des hormones du stress,  car toutes ces hormones sont fabriquées à partir de la même molécule de base qu'est le cholestérol. Le stress chronique est plus pernicieux. Le dosha Vata déséquilibré va commencer à perturber la fonction endocrinienne certes de manière moins radicale,  en favorisant la production de cortisol au profit de la progestérone. Il va aussi souvent déséquilibrer le système digestif. Or le bon fonctionnement du foie et du transit sont indispensables pour garantir l'équilibre oestrogènes/progestérone. Au fil des mois,  suivant notre constitution (Prakriti) apparaitront différents types de symptômes.

Plus le déséquilibre s'installera dans la durée et plus il sera long avec des méthodes naturelles de revenir vers l'état d'équilibre. Ce qui expliquera dans mon cas, comme on le verra plus loin, que les plantes ont réussi à traiter la plupart de mes symptômes de périménopause mais pas mes maux de tête.

 

> 48 ans apparition de différents symptômes de préménopause

 

>>>  Inflammations musculaires

J'ai commencé à ressentir des inflammations musculaires de plus en plus souvent dans les cuisses et au niveau du psoas droit qui est de manière congénitale chez moi un peu raccourci. Je donnais à l'époque plus d'une dizaine de cours de yoga par semaine et régulièrement la douleur me réveillait la nuit et restait persistante tout au long de la journée. Massages, étirements ne m'apportaient aucune amélioration voire même aggravaient l'inflammation . Seul le repos me faisait du bien.

J'avoue que j'ai commencé vraiment à paniquer quand en vacances un simple trajet à vélo de quatre kilomètres suffisait à déclencher ces douleurs inflammatoires. Cela me fait sourire aujourd'hui mais même l'utilisation de mon vélo électrique relançait les douleurs. Cela devenait vraiment pénible tant dans ma vie d'enseignante de yoga que dans ma vie personnelle et m'inquiétait très sérieusement. Il a fallu l'arrivée de d'autres symptômes pour que je commence à faire le lien avec la préménopause. 

 

Suivant notre Prakriti, en cas de déséquilibre hormonal, nous allons être particulièrement sujettes à certains symptômes. Les femmes Pitta, qui ont beaucoup de feu en elles, seront plus sujettes aux inflammations. Les femmes Vata, qui ont beaucoup d'air et parce que Vata contrôle les os, seront quant à elles plus sensibles au niveau articulaire.

 

>>> Fatigue, hémorroïdes et vessie capricieuse

A cela s'est ajouté une sensation de fatigue malgré huit heures de sommeil. Et puis sont arrivés de manière ponctuelle des symptômes hautement glamour : les hémorroïdes certes non douloureuses mais gênantes et une vessie un peu capricieuse. 

 

Ayant déjà acquis à cette époque de bonnes connaissances en Ayurvéda, je ne reconnaissais aucun des facteurs de causalité classiques dans mon alimentation et mon hygiène de vie pouvant expliquer ces troubles et leur variabilité. Petit à petit, j'ai compris que j'étais donc en face de symptômes hormonaux.

 

C'est donc au bout d'une année que je décidais de consulter en premier lieu mon médecin traitant. J'avais planifié en parallèle une consultation ayurvédique en visio depuis les Etas-Unis.  Mon médecin traitant, à l'écoute de tous ces symptômes, décida de me faire passer des analyses sanguines. Elle me dit qu'elle me rappellerait s'il y avait quelque chose d'anormal dans les analyses. Comme ces dernières furent bonnes, je n'eus donc pas de ses nouvelles et restais sans autre solution que l'application locale d'anti-inflammatoire sur mes cuisses. Je n'étais pas particulièrement surprise car je savais que nos médecins étaient très peu formés sur le sujet de la périménopause.

 

Le praticien ayurvédique quant à lui m'a prescrit une formulation à base de plantes indiennes que j'ai prise pendant près de trois mois. L'inflammation disparut peu à peu , m'enlevant en plus des douleurs une belle angoisse. Il n'empêche qu'entre temps,  j'avais pris la décision de diminuer mes cours de yoga. Je pouvais me le permettre d'un point de vue financier et cela allait dans le sens de mon désir de m'investir plus dans l'étude et la pratique de l'Ayurvéda. Toutefois je pense à toutes les femmes comme évoqué plus haut qui seront pénalisées dans leur carrière du fait de problèmes de préménopause importants que notre médecine conventionnelle n'arrivera pas toujours à prendre en charge correctement.

 

Toutes les plantes ont plusieurs actions à leur actif. Il existe par exemple plusieurs plantes qui vont avoir un effet de soutien du système hormonal féminin en même temps que des actions anti-inflammatoires et antalgiques. En Ayurveda, quand on veut traiter le système hormonal, on compte à minima sur trois mois de prise de plantes jusqu'à un an si les symptômes sont installés depuis plusieurs années, mais parfois il est trop tard et dans mon cas la formulation ayurvédique ne permit pas de soulager mes maux de tête installés depuis trop longtemps.

Voici donc une des limites de l'Ayurvéda et pourquoi il est important de s'occuper au plus vite des problèmes hormonaux lors q'ils s'installent. En effet,  quand le corps fonctionne depuis très longtemps dans le déséquilibre, ce dernier devient pour lui la norme. On dit qu'il a perdu son intelligence fonctionnelle. Les plantes sur un plan subtil sont là pour le réinformer, le guider vers ce fonctionnement normal mais parfois il est vraiment trop tard pour que le corps puisse y revenir. Cependant Atreya Smith nous enseigne de toujours essayer car on n'est jamais à l'abri d'une bonne surprise.

 

>>> Ralentissement du feu digestif, Agni

J'ai commencé aussi à sentir que ma digestion ralentissait notamment le soir. Si je mangeais un petit trop en quantité ou un peu trop gras, je ressentais alors de la lourdeur ce qui pouvait perturber  mon sommeil, qui a toujours été assez sensible. 

 

Pour l'Ayurvéda, la ménopause est la période de transition entre le dosha Pitta et le dosha Vata. Les doshas sont en Ayurvéda les principes métaboliques ou principes d'homéostasie au commande de notre corps.

Entre 15 et 50 ans, le dosha Pitta (le Feu, principe de transformation, de digestion) est très actif dans notre corps. Pitta commence à diminuer chez toutes les femmes à partir de 45 ans environ ralentissant notre feu digestif. En effet, le dosha Pitta gère la fabrication des enzymes digestives et en diminuant c'est notre capacité digestive qui va ralentir. Si l'organisme s'est encrassé au fil des années avec Ama (toxines, nourriture mal digérée), le feu digestif, Agni, peut quasiment s'éteindre chez certaines femmes qui alors ne ressentiront plus la faim.

Il va souvent être nécessaire de modifier notre alimentation (quantité, fréquences et régularité des repas, aliments plus digestes, ...) pour préserver une bonne digestion. Pour les femmes Kapha, si l'alimentation ne s'allège pas au fur et à mesure de cette diminution naturelle du métabolisme, le poids va augmenter petit à petit. Cela peut devenir un réel problème si entre un feu digestif affaibli et des douleurs articulaires qui se mettent en place, une femmes Kapha commence à diminuer son activité physique. La prise de poids peut alors être rapide et générer ensuite bien d'autres problèmes de santé. 

 

De nouveau, il existe un certain nombre de plantes piquantes ou amères à choisir en fonction de la constitution de la femme pour soutenir voire relancer ce feu digestif. (épices, gingembre, curcuma, ...). Les diètes détox sont aussi très intéressantes.

 

 > 50 ans irrégularité des cycles - hyper sensibilité, hyper émotivité et rétention d'eau

Autour de mes 50 ans, j'ai commencé à voir mes cycles se raccourcir légèrement sur quelques cycles (24 jours) puis pendant 6 mois ces derniers ont doublés (46 jours). Un de mes ovaires avait décidé de se mettre en vacances.

 

C'est à cette période que pendant 2 à 3 mois, j'ai ressenti de l'hyperémotivité et de l'hypersensibilité. J'ai trouvé cette période à la fois déstabilisante mais extrêmement intéressante comme si je n'avais pas le choix d'interroger tous les aspects de ma vie et valider s'ils étaient conformes à mes aspirations profondes. On parle de transition pour cette période de la ménopause et c'est véritablement ce qui nous est demandé, c'est-à-dire de se réaligner sur nos besoins profonds, pour que ces derniers puissent guider nos choix.

 

Toutefois si cette hypersensibilité est bienvenue pour nous sortir de nos routines de vie, impulser des changements professionnels ou personnels, si cette dernière est trop importante ou dure trop longtemps, elle ne sera pas de bon conseil. Pour des femmes avec un environnement de travail difficile, stressant ou une vie affective chahutée, ces symptômes peuvent tout simplement compliquer encore plus ces situations compliquées.

 

Il me semble donc primordial pour les femmes d'être accompagnées sur le plan hormonal d'autant plus qu'il existe des plantes très intéressantes pour ces symptômes. A noter que ces symptômes vont souvent de pair avec la rétention d'eau au niveau de la poitrine ou plus globalement dans le corps.

 

En Ayurvéda, les femmes Kapha et Vata sont souvent plus sujettes à ces fluctuations d'humeur et à la rétention d'eau. Le Gattilier, Vitex agnus est une plante très efficace pour ces dernières. Pour les femmes Pitta, à cette période il peut y avoir plus d'irritabilité. Ce seront d'autres plantes qui seront utilisées pour ces dernières car le Gattilier à une énergie chauffante qui sera alors inefficace voire déséquilibrante.

 

Voici un aspect très intéressant de l'Ayurvéda, le Virya, c'est-à-dire la propriété, l'énergie chauffante ou rafraichissant d'une plante, d'un aliment ou d'une huile de massage par exemple. C'est un aspect tout à fait déconcertant pour notre médecine conventionnelle qui aiment les substances standardisées qui agissent de la même manière sur tous les métabolismes. En Ayurveda, conseils alimentaires, plantes... sont définies en fonction de la constitution.

 

 

> 51 ans : 1er arrêt des règles - les premières bouffées de chaleur

Mes règles se sont arrêtées une première fois pendant trois mois. Le jour même où mes menstruations auraient normalement du se déclencher, j'ai eu de premières bouffées de chaleur la nuit. Justement nous étions en train d'étudier la ménopause dans ma formation en Ayurvéda, une belle synchronicité !

 

Les bouffées de chaleur sont l'un des symptômes le plus partagé par les femmes à la ménopause. Elles se caractérisent par une onde de chaleur intense imprévisible et incontrôlable, un sentiment que le visage, le cou et le thorax s'enflamment par l'intérieur. Pour certaines femmes, ces bouffées de chaleur de jour et de nuit engendrent en plus des sueurs intenses qui  peuvent durer entre trente secondes et trois minutes et qui se terminent par des sueurs froides. Une sensation de palpitation et d'anxiété peuvent également se manifester.

 

De mon côté, juste des bouffées de chaleurs sans sueurs mais suffisamment fortes pour entrainer un réveil nocturne autour de 3 heures du matin suivie d'une insomnie. Le temps de recevoir les plantes appropriées puis d'attendre leurs effets, j'ai donc eu des bouffées de chaleur pendant une quinzaine de jour générant évidemment de la fatigue. Près d'un mois après, elles réapparurent pendant trois jours comme si de nouveau le corps s'apercevant qu'il n'y avait pas de règles venant de nouveau se dérégler.

  

D'un point de vue hormonal, le corps s'aperçoit que rien ne se passe comme d'habitude. L'anté-hypophyse va alors sécréter des taux d'hormone folliculo stimulante (FHS) et lutéinisante (LH) plus importants pour demander aux ovaires de se réveiller et de produire des oestrogènes. Pendant la période de fertilité, c'est le pic de LH qui déclenche normalement l'ovulation. Et pour beaucoup de femmes, le système endocrinien ne se résigne pas et se perturbe notamment au niveau de  l'anté-hypophyse qui règle notamment la température de notre corps. Cette sur-stimulation conjointe à la baisse des oestrogènes va provoquer une augmentation de la température centrale que le corps va tenter de compenser par des phénomènes de vasodilatation et de sudation.  Cette sur-stimulation peut fonctionner et faire redémarrer les cycles. Ce fut le cas pour moi, mes règles revinrent pendant trois mois.

 

L'Ayurvéda décrit le phénomène des bouffées par la volonté du dosha Vata (Vent) de déloger le dosha Pitta (Feu) qui contrôle la fonction de l'utérus, les règles et les niveaux d’hormones dans le sang à travers la fonction du foie . C'est aussi le dosha Pitta qui gère la chaleur dans le corps.  Le dosha Pitta résiste et en s'aggravant va augmenter la chaleur du corps dans ses sites qui sont principalement l'intestin grêle, la partie inférieure de l'estomac et le foie. Vata, qui est logé principalement dans le colon, va alors souffler vers le haut pour chasser Pitta et fait alors monter la chaleur de l’intestin grêle vers la têteC'est ce qui donne l'impression, en tout cas la mienne, d'être comme un conduit de  cheminée et de sentir le feu tout à coup flamber dans la région du ventre et monter brusquement vers la tête. Cette même chaleur peut aussi être chassée par Vata vers l’extérieur donc par la peau et provoquer les sueurs nocturnes. 

 

> 51 ans :  2ème arrêt des règles - festival de bouffées de chaleur pendant les fêtes

 

Mes règles refirent leur apparition pendant un trimestre, puis s'arrêtèrent de nouveau en septembre. Deux mois après, en novembre les bouffées de chaleur sont revenues. Mon système endocrinien rejouait le même scénario en surstimulant la production hormonale. Je reprenais alors une formulation de plantes et l'intensité des bouffées de chaleur diminuèrent au bout d'une bonne semaine.  

 

Toutefois pendant les fêtes de fin d'année,  elles sont revenues de manière très intenses et ce malgré l'augmentation des doses d'Actée à grappes, le Cimicifuga, une des plantes les plus efficaces. Au bout d'une semaine, je commençais fortement à ressentir la fatigue ayant des nuits très perturbées et à remettre en cause l'efficacité des plantes. Puis au bout de quelques jours, pendant une belle insomnie, il m'est apparu que mon alimentation était loin d'être habituelle avec du chocolat tous les midis et du champagne tous les trois jours ! Mon foie ,qui a toujours été sensible, était clairement débordé même avec deux cookies, quelques chips et une coupe de champagne. Les plantes avaient besoin d'un foie en pleine forme. Le retour a une alimentation plus légère a fait son effet au bout de quelques jours.

 

A l'heure où j'écris cet article, mes nuits sont encore un peu écourtées mais plus calmes et reposantes. J'espère qu'entre les plantes et une bonne hygiène de vie cet épisode de bouffées de chaleur sera le plus court possible. Je poursuis la prise d'une formulation à base de Cimicifuga, de Gattilier et de quelques plantes complémentaires pour le feu digestif. Je bois aussi en soirée avant et après le diner une tasse d'infusion de Sauge. 

 

D'un point ayurvédique, mes excès alimentaires aggravèrent mon dosha Pitta alors même que ce dernier était déjà en excès du fait du changement hormonal. Dans ce contexte, les plantes ne sont pas suffisamment puissantes pour pacifier correctement les doshas. D'où la nécessité en Ayurvéda d'agir simultanément sur l'hygiène de vie, l'alimentation et les plantes.  

 

L'Actaea racemosa, Cimicifuga racemosa ou Actée à grappes noires est une des plantes les plus renommées pour les bouffées de chaleur. En Ayurvéda, c'est son Prabhava, son action spécifique. Elle permet d'augmenter et de réguler la fonction oestrogène. Dans les études pharmacologiques faites, elle agirait sur l'abaissement de la sécrétion de LH et serait plus active sur la régulation de la chaleur au niveau centrale (hypophyse) que sur l'action hormonale. (3)

Salvia officinale, la Sauge officinale est aussi utilisée à cet effet en infusion à boire froide de part son action stimulante sur les oestrogènes.

 

(3) Grand manuel de la phytothérapie, Dr Eric Lorrain, Dunod, 2019

 

>> CONCLUSIONS 

 

Un système nerveux fragilisé, un foie qui a toujours était assez sensible, un sommeil particulièrement léger et les doshas Pitta et Vata assez prompts à se dérégler chez moi expliquent grandement les symptômes que j'ai pu traverser et les bouffées de chaleur actuelles. Heureusement pour compenser je peux compter sur un système immunitaire à toute épreuve. 

 

L'Ayurvéda est une médecine de prévention et nous invite à ne pas laisser nos systèmes se déséquilibrer trop longtemps et dans le cas présent, les systèmes endocrinien, digestif et nerveux, qui ont l'aura vu, sont liés intimement pour faire fonctionner correctement le système hormonal féminin tant dans la période de fertilité qu'à la ménopause.

Voici donc en conclusion quelques conseils généraux même si vous l'aurez compris, l'Ayurvéda accompagne toujours les femmes de manière spécifique.

  

>> QUELQUES CONSEILS GENERAUX

 

Vata est le chef d'orchestre du système endocrinien, il est important pour le maintenir en équilibre

- d'avoir de la régularité dans les horaires des repas, du sommeil

- minimiser autant que faire se peut le stress sous toutes ses formes

- minimiser les excitants (alcool, café, chocolat...)

 

Pitta gère aussi l'équilibre des hormones au niveau du foie notamment 

- maintenir un bon feu digestif,

- le moins de xénoestrogènes(4) possibles, c'est-à-dire privilégier des viandes, poissons, laitages absolument biologiques, de l'eau filtrée, des cosmétiques bio

- des huiles de très bonne qualité et variées pour donner tout ce qu'il faut à l'organisme pour fabriquer les hormones

- des fibres (légumes, céreales semi-complètes ou complètes) pour un transit régulier

 

Kapha gère le soutien émotionnel et celui des deux autres doshas

-  être consciente des exigences que l'on a envers soi-même au travers des impératifs sociétaux qui nient par exemple la féminité et la limite à la séduction créant des injonctions paradoxales conscientes ou insconscientes. 

 

Se faire accompagner par des plantes soutenant, équilibrant notre système endocrinien, en accord avec sa constitution

 

>> LES TROIS LIMITES PRINCIPALES DE L'AYURVEDA

 

- Il est important d'agir le plus tôt possible, en effet si un symptôme est devenu chronique sur plusieurs années, il sera beaucoup plus difficile de revenir vers l'équilibre le corps ayant intégré en quelques sorte le déséquilibre comme un fonctionnement normal.

 

- Si une femme a une symptomologie grave, l'Ayurveda peut l'accompagner dans son hygiène de vie et son alimentation en complémentarité d'un traitement hormonal prescrit par son médecin ou gynécologue. L'accompagnement par les plantes au moment où la femme souhaitera en accord avec son médecin diminuer son traitement hormonal substitutif diminuera grandement de voir les symptômes revenir.

 

- en Ayurvéda, des changements dans l'hygiène de vie et dans l'alimentation sont systématiquement nécessaires à mettre en place en même temps que les plantes pour rétablir l'équilibre des doshas. Or pour certaines femmes, ces changements peuvent être trop contraignants ou trop longs à faire leur effet. En face de symptômes graves, il me parait important en tant que praticienne en Ayurvéda d'être tout à fait honnête sur ces limites.

 

Gwenaëlle Mellier - janvier 2024

 

 

Atelier YOGA et AYURVEDA - PERIMENOPAUSE HEUREUSE à Nantes - dimanche 17 mars - 9h-13h

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