Le concept clé de l’Ayurvéda est celui de Prakriti, « Mère nature », cette qualité féminine qui permet à la forme (ce qui est créé dans la matière) de se manifester. Il définit notre individualité. Par cette compréhension profonde de qui nous sommes, l’Ayurvéda nous libère des stéréotypes sociaux.
Il y a encore peu de temps, par convention pédagogique, on enseignait que le cycle féminin dure 28 jours. En Ayurvéda, ce cycle correspond aux femmes de Prakriti Pitta (Feu). Celui des femmes Vata (Air) est plus court et celui des constitutions Kapha (Eau) est plus long.
L’Ayurvéda accorde une grande importance à la santé féminine en comprenant intimement les spécificités du corps féminin à chaque étape de la vie. Aujourd’hui, de plus en plus de femmes désirent se réapproprier leur corps, leur bien-être et leur santé.
Pour l’Ayurvéda, le système hormonal féminin est perçu comme une fenêtre ouverte sur la santé globale de la femme. Son équilibre est central dans la pratique ayurvédique.
Dans l’accompagnement, la sororité (cette expérience partagée de la féminité), est indéniablement un précieux atout. Les bouffées de chaleur intenses que j’ai vécues à l’arrêt de mon cycle, à 51 ans, ont renforcé mon empathie. Pour moi, le bienfait des plantes a suffi, mais je comprends intimement que certaines femmes aient besoin d’un traitement hormonal de substitution.
En Ayurvéda, le praticien cherche à comprendre la cause profonde du dérèglement pour élaborer la stratégie adaptée à chacune : rythme de vie, gestion du stress, alimentation, plantes…
L’Ayurvéda est une science merveilleuse, non dogmatique qui s’adapte dans toute sa richesse à nos vies de femmes occidentales.
Article paru dans le magazine Ici & Maintenant - Printemps-été 2016
https://icietmaintenant-mag.fr/
En ce début d’année, je vous propose un nouvel article pour explorer une question fascinante : comment la santé de nos os dépend-elle, en partie, de celle de Majja Dhatu ? En Ayurvéda, ce tissu subtil englobe à la fois le tissu nerveux et la moelle osseuse. Tout ce qui nourrit Majja Dhatu renforce la solidité de notre squelette, tandis que ce qui l’affaiblit – notamment le stress – peut fragiliser le tissu osseux.
Plongeons ensemble dans la subtilité de l’Ayurvéda, cette médecine ancestrale qui saisit si bien les interactions entre l’esprit et le corps. Cet article est l’un des plus approfondis que j’aie écrits, car il nous invite à explorer la relation entre les différents tissus du corps, en nous concentrant particulièrement sur les liens entre les tissus osseux et nerveux.
Comme souvent, mes articles naissent après une consultation quand je perçois la nécessité d’éclaircir un sujet qui suscite confusion ou incompréhension chez mes clients. Une cliente, récemment diagnostiquée avec une ostéoporose sévère, m’a interrogée sur le lien possible entre sa fragilité osseuse et les périodes de stress intense qu’elle avait traversées des années plus tôt. Deux rhumatologues lui avaient donné des réponses contradictoires : l’un reconnaissait le stress comme facteur causal possible, l’autre le niait.
Pour l’Ayurvéda, la santé de nos os ne repose pas uniquement sur une alimentation équilibrée, un apport suffisant en calcium, une exposition au soleil pour synthétiser la vitamine D, ou une bonne assimilation des minéraux au niveau du côlon. Elle dépend aussi de la qualité de Majja Dhatu (tissu nerveux et moelle osseuse). Selon cette approche, un stress chronique ou un choc émotionnel brutal venant altérer Majja Dhatu, peut impacter la qualité du tissu osseux, devenant ainsi une cause potentielle d’ostéoporose précoce, notamment chez la femme ménopausée.
L’Ayurvéda accorde ainsi une attention particulière à la nutrition de Majja Dhatu. Cette perspective offre des pistes précieuses pour prévenir l’ostéoporose ou compléter un traitement conventionnel.
L' Althéa officinalis est utilisée pour ses vertus adoucissantes depuis l’Antiquité. C'est une plante herbacée vivace de la famille des Malvacées, commune en Europe qui se cultive surtout dans les zones tempérées humides. Peu onéreuse, c'est une plante à redécouvrir et à avoir absolument en réserve dans sa petite pharmacopée familiale pendant l'hiver.
Elle tient son nom latin du grec “althoi” (qui signifie guérison ou remède).
En cette période hivernale, elle me paraît très intéressante pour deux de ses actions principales : adoucissante et expectorante.
LES PROPRIETES DE LA GUIMAUVE
- Adoucissante pour les voies respiratoires. En ce début d'hiver, la guimauve officinale en décoction est idéale pour adoucir la gorge en cas de toux sèche, d'enrouement, de laryngite, de bronchite mais aussi d'asthme. Ses propriétés sont donc d'adoucir, d'hydrater, de régénérer les tissus. En effet, la racine de guimauve est la plus riche en mucilage, elle en contient jusqu’à 30–40 % . Le mucilage est une substance végétale naturelle visqueuse et gélatineuse, composée principalement de polysaccharides (sucres complexes). C'est une matière qui gonfle au contact de l’eau et forme un gel doux et protecteur.
- En cure de prévention pour les bronchites et les toux sèches
Je profite de cet article pour rappeler un principe fondamental en Ayurvéda : celui des Rasayana, ces plantes aux vertus régénérantes, parmi lesquelles figure la Guimauve. Lorsqu’un tissu du corps, comme les poumons, a été irrité de façon répétée au fil des années, il est probable qu’il ait été abimé et soit devenu plus fragile. Selon l’Ayurvéda, même lorsque les symptômes ont disparu, il reste essentiel de nourrir ce tissu afin de le renforcer et de lui permettre de mieux résister aux agressions futures ou aux agents pathogènes.
Ainsi, pour les personnes concernées, il peut être bénéfique, en ce début d’hiver, d’entreprendre une cure de décoction de guimauve pendant plusieurs jours. De même, pour les enseignants ou toute personne sollicitant intensément leur voix, une ou deux cures dans l’année peuvent s’avérer utiles pour prévenir les enrouements et les extinctions de voix.
- Expectorante, elle est très efficace en association avec la Réglisse
Voir l'article sur la Réglisse.
- Adoucissante et anti-inflammatoire pour les voies urinaires et digestives
Les voies urinaires, la vessie tout comme les intestins peuvent s'assécher. Cela viendra créer de la gêne lors de la miction, ou de la constipation sèche. Le mucilage de la Guimauve en réhydratant les muqueuses viendra soulager les irritations lors des mictions. Les selles mieux hydratées s'évacueront plus facilement. Les vertus laxatives douces de la Guimauve sont ainsi très indiquées pour les femmes enceintes et les enfants.
Les contre-indications : il n'y en a pas véritablement. En Ayurvéda, on recommande d'éviter la Guimauve au delà de quelques jours en cas d'excès de Kapha ou d'Ama (toxines) - c'est à dire en cas de surpoids, de rétention d'eau, d'indigestion chronique.
LE MODE DE PREPARATION DE LA RACINE DE GUIMAUVE
Décoction : remplir une à deux cuillerées à soupe bombées de racines coupées* (5 à 10 g) et mettre dans un litre d'eau si possible filtrée. Couvrir la casserole et faire bouillir à minima 15mn, puis laisser encore infuser 5mn. Filtrer avec une petite passoire et mettre dans un thermos.
Il est recommandé d’en boire une petite quantité chaque heure et de poursuivre la prise pendant au moins deux à trois jours après la disparition des symptômes. Son goût est doucereux et peut paraître écœurant pour certaines personnes. Pour le rendre plus agréable, vous pouvez ajouter à la décoction un peu de gingembre frais, ou bien, une fois celle-ci préparée, y incorporer de la cannelle, de la cardamome ou toute autre épice en poudre de votre choix, ainsi que quelques feuilles de menthe ou de verveine citronnée.
Pour les personnes ayant une Prakriti Vata ou Kapha, l'Ayurvéda recommande effectivement de rajouter un peu de gigembre frais ce qui viendra "réchauffer" la décoction, la Guimauve ayant un virya, une énergie rafraichissante. Si vous voulez rajouter du gingembre, éplucher l'équivalent d'un 1 à 2 cm de gingembre frais, à couper en 2 ou 3 morceaux et à faire bouillir en même temps.
*Les racines de guimauve coupées bio sont facilement disponibles en pharmacies ou magasins biologiques.
Pour les Nantais, la pharmacie du Chateau fournit des plantes de très bonnes qualités en vrac. Si cure, prendre à minima 100g de racines coupées.
Vous pouvez les commander aussi chez Arcadie (les épices Cook que vous trouvez en magasin qui sont d'excellentes qualités ) https://www.arcadie.fr/boutique/547-1081-racines-guimauve-bio.html#/77-format-sachet_50g
Comme je l’avais évoqué dans mon précédent article consacré à la prostate, je souhaite maintenant aborder la santé de notre système urinaire. Celui-ci peut être fragilisé aussi bien par notre hygiène de vie et notre alimentation que par certaines émotions. Selon l’Ayurvéda, préserver son bon fonctionnement est essentiel : il assure non seulement confort et bien-être au quotidien, mais soutient également notre vitalité en profondeur.
À travers mes articles, mon objectif est de rendre l’Ayurvéda plus compréhensible et accessible, afin de partager la richesse de cette médecine ancestrale et sa profonde connaissance du vivant. Ce nouvel article me donne l’occasion de présenter une notion fondamentale en Ayurvéda : la distinction entre fonction et système, une clé essentielle pour établir une stratégie thérapeutique adaptée.
En prenant l’exemple du système urinaire, on observe ainsi que les déséquilibres peuvent être de deux natures :
Fonctionnelle : le corps perd sa capacité à gérer correctement la fonction de miction.
Lié au système : les tissus (vessie, urètre, plancher pelvien, prostate) peuvent être altérés. Cela se traduit par différentes situations :
une vessie ou un urètre asséchés ou enflammés, provoquant des douleurs à la miction. Une fragilisation de la muqueuse interne de la vessie crée également un terrain favorable aux cystites répétées.
un manque de tonicité des tissus, empêchant la bonne circulation de l’urine ou la vidange complète de la vessie,
un relâchement du plancher pelvien (lié à l’âge, aux grossesses et accouchements, ou aux changements hormonaux la ménopause) pouvant entraîner différentes problématiques : incontinence, vidange incomplète.
une hypertrophie de la prostate pouvant obstruer le passage de l’urine (cf. mon précédent article).
Je ne traiterai pas ici des problématiques plus graves, comme le début d’une insuffisance rénale ou la formation de calculs. En tout cas, toute douleur à la miction accompagnée de fièvre ou de sang doit être prise très au sérieux et nécessite une consultation médicale rapide auprès de son médecin traitant.
Ce qu’il est important de retenir, c’est qu’un inconfort ou une gêne persistante – ignorée pendant des semaines, des mois, voire davantage – peut transformer un trouble fonctionnel en atteinte des tissus, et inversement. L’Ayurvéda nous encourage donc à être attentifs dès les premiers signes, car c’est souvent à ce stade qu’il est le plus facile d’agir efficacement.
En Ayurvéda, nous chercherons toujours à comprendre la cause profonde du déséquilibre. Dans le cas du système urinaire, elles peuvent être très différentes et demander donc des stratégie thérapeutiques variées allant ;
de la gestion du stress à un renforcement du plancher pelvien,
de changements alimentaires et d’ajustements d’hygiène de vie,
à l’utilisation de plantes qui rétablissent la fonction ou hydratent les tissus lorsqu’ils sont asséchés, ou bien viennent les raffermir lorsqu'ils manquent de tonicité.
Le soja est-il indispensable à un régime alimentaire végétarien ou végétalien pour être équilibré en protéines ? Voici quelques éléments de réponse éclairés par la sagesse de l’Ayurvéda.
Depuis quelques années, le jeûne intermittent est partout, omniprésent dans les magazines et sur les réseaux sociaux
... Mais que cache vraiment cette tendance venue des États-Unis ?
En réalité, l’Ayurvéda préconise depuis des millénaires des rythmes alimentaires similaires. Le jeûne intermittent de 14h/16h correspond aux besoins des constitutions Kapha ou de celles ayant un excès de Kapha (surcharge pondérale, lourdeur) ou d'Ama (toxines). Le jeûne de 12 heures est, quant à lui, la base d’une bonne digestion pour les constitutions Vata et Pitta, laissant le temps au corps de se détoxiner pendant la nuit.
> LES DIFFERENTS TYPES DE METABOLISME DIGESTIF
Contrairement à la vision occidentale, l’Ayurvéda distingue différents types de métabolismes digestifs (Agni) selon la constitution (Prakriti) :
> LE PARADOXE FRANÇAIS : DES REPAS STRUCTURÉS SUR LA JOURNÉE
Pourquoi les pays latins (France, Italie...) ont-ils moins de problèmes cardio-vasculaires et d'obésité que les pays anglo-saxons, malgré une cuisine relativement riche ? La clé pourrait résider dans la structure des repas. Aux États-Unis, manger à toute heure est courant, tandis qu'en France, le respect du déjeuner et du dîner prévaut encore.
Une étude récente à San Diego a montré que 50% des participants mangeaient sur une période de 15h ou plus ( de 7h/8h à 22h/23h par exemple). Or, des chercheurs américains ont mis en évidence, dans une étude sur des souris, que le même apport alimentaire excessif (gras et sucré) n’avait pas les mêmes effets selon le rythme des repas. Un premier groupe de souris nourri sur une période de 10 heures dans la journée a maintenu un poids stable, tandis qu’un deuxième groupe, nourri à toute heure du jour et de la nuit, est devenu obèse, diabétique, avec un foie gras et des complications vasculaires au bout de quatre mois.
L’Ayurvéda dirait à ces chercheurs : « Élémentaire, mon cher Watson », tant cette science de la vie insiste sur le respect du cycle des doshas. En effet, chacun des trois doshas (Vata, Pitta et Kapha) peut être vu comme une intelligence métabolique programmée pour fonctionner de manière optimale à certaines heures du cycle circadien de 24 heures. Le non-respect des rythmes naturels de doshas est un des facteurs principaux de la maladie, perturbant les fonctions métaboliques et cérébrales.
> LE JEÛNE DE 12 HEURES PENDANT LA NUIT : LA BASE D'UNE BONNE DIGESTION & DE LA SANTÉ
En ce mois de novembre, voilà déjà plusieurs jours que je suis à la recherche d'articles sur le cancer du sein et ce que l'on connait en terme de prévention. En effet, depuis l'année dernière, nous voilà sur la première marche du podium mondial en terme d'incidence du cancer du sein. Pourtant, silence radio sur les sites officiels concernant les causes ou, du moins, un questionnement sérieux sur le contexte qui nous vaut d'être dramatiquement en tête du classement. Comme chaque année, durant la campagne d'octobre rose, il me semble que la prévention primaire reste largement ignorée. Bien que le dépistage soit essentiel (prévention secondaire), il est grand temps de mettre la prévention primaire sur le devant de la scène, afin que le cancer du sein ne soit plus une fatalité pour une femme sur huit.
Or ce matin pour bien commencer la journée, c'est une belle synchronicité* qui se présente à moi avec avec un article du Monde intitulé : "Des institutions scientifiques entretiennent le doute sur les bénéfices du bio" (1). Selon plusieurs chercheurs en nutrition et en santé publique, l’Académie nationale de médecine, l’Académie d’agriculture de France (AAF) et l’Institut national du cancer (INCa) ont ainsi, chacun à leur manière, participé à alimenter la confusion sur le sujet. En cause, une étude épidémiologique française publiée en 2018 dans JAMA Internal Medicine, ayant suivi 70 000 personnes pendant quatre ans et demi, et mettant en évidence une baisse significative du cancer du sein postménopausal (– 34 %) chez les plus grosses consommatrices de bio, par rapport à celles qui n’en consomment pas.
Mi-octobre, dans une tribune dans Le Monde, plus de 1 000 femmes touchées par un cancer du sein avant 50 ans soulignent que les preuves scientifiques s’accumulent en faveur de liens entre l’exposition à des polluants présents dans l’environnement et la survenue des cancers. Dans cette tribune, elles écrivent "Nous sommes 1 055 femmes à avoir été touchées par un cancer du sein avant 50 ans, à un âge où il n’est pas « normal » de tomber malade."(2). (80% des cancers du sein se déclarent en effet chez les femmes de plus de 50 ans).
Pour moi qui ai 52 ans, je ne trouve pas normal du tout d'être touchée par un cancer du sein après la ménopause. Dans cet article, j'ai voulu essayer de comprendre les raisons qui placent les Françaises en tête de ce triste palmarès. Il apparaît que nous cumulons de nombreux facteurs de risque, notamment la consommation d'alcool, le tabagisme, une alimentation riche en viande et en graisses, ainsi que des facteurs liés à l'"imprégnation hormonale" naturelle et synthétique (xéno-œstrogènes issus de la pollution environnementale, pilules, traitements hormonaux substitutifs). Ce long travail m'a permis de remettre en question certains de mes préjugés : je pensais, par exemple, que les inégalités sociales jouaient un rôle déterminant dans l'incidence du cancer du sein. Or, il semble que face à cette réalité douloureuse, toutes les catégories sociales soient également touchées.
Nous allons faire un tour vers le Japon où l'incidence du cancer du sein est la plus faible des pays industrialisés et faire des ponts avec l'Ayurveda, sa vision du cancer et ses approches de prévention. Nous verrons que la médecine occidentale commence à faire de plus en plus de lien entre la qualité de la microbiote, en un mot notre capacité digestive et certains terrains propices au développement de maladies comme le cancer.
Dans cet article, mon propos n'est pas du tout d'être anxiogène mais plutôt de comprendre comment nous pouvons au mieux diminuer les facteurs de risques en l'état actuel des connaissances, au-delà de la prévention secondaire qui est l'auto-palpation de nos seins, la palpation par notre médecin et par les mammographies.
Nous explorerons comment les recommandations alimentaires et d'hygiène de vie proposées par l’Ayurveda, notamment pour les femmes en péri-ménopause, peuvent constituer une piste très intéressante pour réduire les risques.
Dans cet article, nous allons explorer la saisonnalité des doshas au fil de l'année et voir comment prévenir les déséquilibres (ou maladies) en intégrant ces variations dans notre quotidien.
La Caraka Samhità, l'un des textes les plus importants en médecine ayurvédique, place le temps au premier rang des causes de maladies, soulignant ainsi son rôle crucial. Elle stipule : « Le mauvais usage, le non-usage et l'usage excessif du temps, de l'intellect et des objets des sens sont la triple cause des troubles mentaux et physiques. » (Sutra 54, chapitre 1 de Sūtrasthāna).
Cette notion peut sembler complexe, car il est souvent difficile d'établir un lien entre certains problèmes de santé, comme l'insomnie ou des troubles digestifs, et l'arrivée de l'automne. En effet, on reprend généralement une routine plus stable après les vacances d'été. Pourtant, il se peut que le dosha Vata (de nature sèche) ait été perturbé durant un été et une arrière saison particulièrement chauds et secs, et que ses déséquilibres ne se manifestent qu'avec l'arrivée du froid, en octobre ou novembre.
Je vous expliquerai cela plus en détail dans la suite de cet article. Mon objectif, comme toujours, est de vous aider à mieux comprendre la logique ayurvédique.
Si vous n'avez pas encore lu les articles précédents sur les doshas Vata, Pitta et Kapha ou l'article précédent sur le cycle des doshas, je vous recommande vivement de les consulter avant de continuer, car ils apportent des bases essentielles pour bien saisir les principes de l'ayurvéda.
Dans cette série d'articles, nous voilà arrivés à une notion clé en Ayurveda : LE TEMPS, ou KALA en sanskrit. Il s'agit de l'intégration, dans notre hygiène de vie et notre alimentation, du respect des heures de la journée et des cycles des saisons, chacun étant dominé successivement par l'un des trois doshas.
Dans la Caraka Samhità, l'un des ouvrages les plus importants en médecine ayurvédique, le temps est cité en première cause des maladies, c'est dire son importance ! "Le mauvais usage, le non-usage et l'usage excessif du temps, de l'intellect et des objets des sens sont la triple cause des troubles mentaux et physiques." Sutra 54 du chapitre 1 de Sūtrasthāna.
Comme souvent en Ayurvéda, les principes sont à la fois simples et complexes. D'une part, ils sont simples parce que nous avons tous fait l'expérience de certaines vérités de la vie quotidienne : par exemple, si nous ne nous couvrons pas suffisamment à l'approche de l'automne et du froid, il y a de grandes chances que nous attrapions un rhume. De même, nous savons qu'il est plus facile de s'endormir en respectant une routine de coucher régulière.
Cependant, l'Ayurveda est bien plus complexe que cela. Par exemple, certaines personnes peuvent éprouver des difficultés à comprendre l'apparition de problèmes comme l'insomnie ou des troubles digestifs à l'arrivée de l'automne, alors même qu'elles ont repris une bonne routine et n'ont pas modifié leur alimentation. Cela s'explique par le fait que leur dosha Vata, progressivement déséquilibré et aggravé durant l'été, ne se manifeste pleinement qu'à l'automne, lorsque le froid s'installe.
Pour le moment, nous allons nous intéresser aux cycles des doshas sur une journée de 24H. Une nouvelle fois, mon objectif est de vous faire rentrer dans la logique ayurvédique pour que vous puissiez comprendre certaines causes de déséquilibre dans votre rythme de vie. Si vous n'avez pas lu les articles précédents sur les doshas Vata, Pitta et Kapha, je vous invite à prendre le temps de les lire et de revenir ensuite à la lecture de cet article, au risque sinon de ne pas véritablement comprendre cette logique ayurvédique.
Comme nous l'avons vu dans les deux précédents articles, c'est sous l'angle des qualités (gunas) que je vous ai proposé de plonger dans la compréhension des doshas. Car c'est à travers eux que le praticien en Ayurvéda va pouvoir comprendre à la fois votre nature profonde ou constitution (Prakriti) et vos déséquilibres (Vikriti).
Petit rappel donc des qualités de Vata et de Kapha pour que vous puissiez mieux comprendre le dosha Pitta.
Vata est variable, sec, léger, froid, rapide, mobile et subtil. Kapha au contraire est solide, lourd, ferme, onctueux, doux, lent et frais. Les qualités de Vata et Kapha sont donc opposées. Ils ne partagent qu'une seule qualité le froid.
Nous allons que seul le dosha Pitta est chaud, mais qu'il est aussi tranchant et odorant.
Le dosha PITTA assure les fonctions de digestion, tant de la nourriture que des pensées et des émotions. Son principe de base est la chaleur et une certaine intensité. On le traduit souvent par le feu ou la "bile".
Nous allons donc nous intéresser aux caractéristiques des constitutions Pitta pures mais aussi aux constitutions mixtes Pitta/Vata et Pitta/Kapha.
Alors je vous invite à découvrir si le dosha PITTA est un peu, moyennement ou beaucoup présent dans votre corps et dans votre psychologie. L'été étant la période où le dosha Pitta peut "déborder", il sera intéressant d'observer si l'été est une saison qui peut ou non vous déranger.
Si vous n'avez pas lu les articles précédents sur Vata et Kapha, je vous invite à prendre quelques minutes pour le faire. Vous pourrez ainsi avoir quelques informations de base sur la logique de l'Ayurvéda.
Dans ce deuxième article sur les doshas, nous allons maintenant nous intéresser à KAPHA. Dans ces articles, j'insiste particulièrement sur les qualités (gunas) des doshas afin de vous permettre de les reconnaître dans votre métabolisme et votre psychologie. Si je traite KAPHA avant PITTA, c'est que VATA et KAPHA ont tous les deux des qualités opposées. La seule qualité qu'ils partagent est le FROID.
Nous allons voir à quel point le dosha KAPHA est important pour le bon fonctionnement des deux autres doshas. Notre société moderne ne valorise pas les qualités des constitutions Kapha et c'est fort dommage. Je remarque que même dans certains livres d'Ayurvéda, les qualités de Kapha sont présentées sous des jours peu avantageux.
Nous allons donc nous intéresser aux caractéristiques des constitutions Kapha pures mais aussi aux constitutions mixtes Kapha/Vata qui comme nous le verrons pourront jouir d'une belle complémentarité de leurs doshas mais parfois d'une association où l'équilibre est plus compliqué à maintenir entre ces deux doshas opposés.
Alors je vous invite à découvrir si le dosha KAPHA est un peu, moyennement ou beaucoup présent dans votre corps et dans votre psychologie. J'espère qu'au travers de ce deuxième article vous permettre de reconnaître ce qui est de votre nature profonde ou ce qui est plutôt le signe d'un déséquilibre du dosha Kapha.
Si vous n'avez pas lu l'article précédent sur Vata, je vous invite à prendre quelques minutes pour le faire. Vous pourrez ainsi avoir quelques informations de base sur la logique de l'Ayurvéda.
Dans cet article, je ne vais pas rentrer dans trop de détails. Le sujet est vaste, néanmoins pour l'Ayurvéda, il n'est pas normal qu'une femme souffre pendant ses cycles. Cela démontre un déséquilibre des doshas ayant amené à un dérèglement du système hormonal féminin. Or il existe de nombreuses plantes européennes extrêmement intéressantes et sûres qui associées à quelques modifications dans l'hygiène de vie et dans l'alimentation, vont permettre en quelques mois de rétablir l'équilibre et diminuer ainsi fortement les troubles menstruels voire les faire disparaître.
Définir les facteurs causaux du dérèglement et les recommandations ayurvédiques personnalisées nécessite évidemment de voir un praticien ayurvédique. Toutefois, la bouillotte est un premier soin externe très efficace pour soulager les crampes. Je vais parler aujourd'hui de sa bonne utilisation car en effet l'usage qui en est fait par la plupart des femmes, c'est-à-dire sur le ventre et sans huile, du point de vue de l'Ayurvéda, est délétère pour l'appareil génital féminin.
Pour l'Ayurvéda, les 3 doshas sont les trois principes d'intelligence au commande de notre corps mais plus généralement trois forces principales qui contrôlent la nature.
Pour cette science millénaire, nous sommes tous un assemblage unique de ces trois doshas, nous donnant une constitution, un métabolisme unique. Les 7 constitutions ou Prakriti sont Vata, Pitta et Kapha, Vata/Kapha, Vata/Pitta, Pitta/Kapha ou Vata/Pitta/Kapha. Aucun type constitutif n'est meilleur qu'un autre. Ce n'est pas un système de comparaison mais de compréhension, chacune des constitutions ayant des avantages et des inconvénients.
Dans ce premier article, nous allons nous intéresser à VATA qui est le dosha maître, le chef d'orchestre des deux autres doshas et allons regarder d'un peu plus près ce qui caractérise les personnes de constitution Vata pure ou mixte.
On va aussi s'intéresser aux déséquilibres de Vata car dans ma jeune expérience clinique, je constate qu'une majorité de mes clients présentent un déséquilibre (Vikriti) Vata. Et moi la première ! Nous verrons pourquoi et comment agir grâce à l'Ayurvéda pour pacifier Vata.
Alors je vous invite à découvrir si le dosha Vata est un peu, moyennement ou beaucoup présent dans votre corps et dans votre psychologie. J'espère au travers de ce premier article vous permettre de reconnaître ce qui est de votre nature profonde ou ce qui est plutôt le signe d'un déséquilibre du dosha Vata.
Plus je plonge dans l'Ayurvéda et dans sa pratique auprès d'une clientèle féminine et plus je suis surprise des limites de la prise en charge et de l'écoute des problèmes dits féminins par la médecine conventionnelle. Me voilà remontée comme un "coucou suisse", tant il me parait anormal en 2024 d'entendre encore un médecin vous dire "ça va passer" quand vous venez pour des bouffées de chaleur qui vous empêchent de dormir depuis des semaines, quand une jeune femme après une opération d'un fibrome voit ses règles devenir hémorragiques et que le chirurgien n'a rien à lui répondre, ni lui proposer.
D'après une étude faite auprès de médecins bretons, seulement 9% d'entre eux auraient une formation en phytothérapie et si la moitié d'entre eux prescrivent des plantes cela reste cantonné aux problèmes d'insomnie et d'anxiété. Ils existent pourtant des plantes ayant fait leur preuve depuis des siècles, accessibles, efficaces et qui en plus de leurs propriétés thérapeutiques peuvent nous offrir une réelle protection face à une pollution environnementale dont il est désormais impossible de se prémunir complètement et qui perturbent de plus en plus notre système hormonal !
Comme pour mon article précédent sur la préménopause, je vais essayer de ne pas être trop simpliste et de vous exposer le point de vue de l'Ayurvéda dans sa complexité et donc sa richesse, à la mesure toutefois de mon expérience à ce jour.
Dans le cadre de l'atelier Yoga et Ayurvéda sur la périménopause que je propose en mars, j'avais envie de partager mon témoignage de la préménopause, période qui précède de quelques années la ménopause et commence en moyenne autour de 45 ans. La ménopause s'installera ensuite après une année complète sans menstruation en moyenne à 51 ans pour les françaises.
Ce témoignage permettra, je l'espère, de faire mieux comprendre la vision de l'Ayurvéda sur cette période de transition et plus globalement les possibilités d'accompagnement qu'elle nous offre.
Une majorité des femmes expérimenteront à cette période à minima un symptôme sans forcément faire le lien avec le système hormonal tant les symptômes peuvent être variés (douleurs articulaires, fatigue, problèmes urinaires, problèmes digestifs...). Or reconnaître les symptômes de la périménopause et les appréhender sous l'aspect hormonal et non pas simplement structurel est important pour agir sur la cause et non pas seulement sur le symptôme. Il est évident que si ces symptômes sont importants, il sera indispensable de consulter son médecin pour s'assurer du caractère hormonal et transitoire et écarter une maladie. Car nous sommes bien d'accord la ménopause n'est pas une maladie toutefois certains symptômes peuvent entraver de manière importante et pendant plusieurs mois voire plus longtemps le bien-être et la vitalité des femmes.
Notre hygiène de vie, notre alimentation, la réduction du stress sous toutes ses formes et une quinzaine de plantes merveilleuses (gattilier, bourrache, sauge, cimicifuga, igname sauvage, angélique... ) peuvent nous accompagner au travers de cette période un rien chamboulante pour certaines d'entre nous !
Cet article repose donc sur mon vécu mais surtout sur l'enseignement en médecine ayurvédique et phytothérapie ayurvédique reçu par le Vaidya Atreya Smith. Ce dernier accompagne depuis plus de 30 ans, sur le sujet, les femmes en France et en Suisse où il enseigne et consulte désormais. Il est à noter que la Suisse reconnait l'Ayurvéda en tant que médecine complémentaire, ainsi nos consoeurs helvètes ont le choix de se tourner vers l'Ayurvéda pour être accompagner pendant la périménopause (1).
(1) Les Suisses peuvent donc avoir accès aux médecines complémentaires pratiquées par un non-médecin et bénéficier de la couverture d’une assurance complémentaire si et seulement si, son thérapeute est reconnu par l’ASCA et/ou la RME selon les critères de sa compagnie d’assurance. L'école d'Atreya Smith EIVS est accrédité par l'ASCA.
La délicieuse Glycyrrhiza glabra est utilisée depuis longtemps en Ayurvéda comme plante régénérante. C'est une plante incroyable originaire de Méditerranée. Cette vivace buissonnante tient son nom latin Glycyrrhiza glabra de deux mots grecs Glucus (qui signifie Doux) et Riza (qui signifie Racine).
Cultivée en France, peu onéreuse, aux multiples vertus, c'est une plante à redécouvrir et à avoir absolument en réserve dans sa petite pharmacopée familiale. Pour ma part, j'adore son goût sucré, réconfortant et enveloppant.
Plante sattvique, elle est connue pour favoriser la paix de l'esprit et augmenter Ojas, notre immunité.
En cette période de printanière, elle me paraît très intéressante pour deux de ses actions principales :
- Adoucissante et expectorante pour les voies respiratoires. Le printemps est une période propice aux petits maux de gorge, irritation, bronchite... Dès les premiers symptômes, en décoction, la réglisse est idéale pour adoucir la gorge en cas d'angine, de toux sèche, d'enrouement mais aussi pour évacuer le mucus des bronches. Anti-inflammatoire, anti-viral, immuno-stimulante, une décoction de réglisse peut donc nous protéger de bien des maux. En prévention de la grippe une décoction de réglisse et de cannelle sera idéale. Pour les constitutions Kapha, on l'associera avec du gingembre, autre plante incroyable pour la bonne santé des poumons.
Important d'en boire un peu toutes les heures et de continuer minimum 2 jours après la disparition des symptômes pour que les doshas sont bien rééquilibrés et que le rhume... ne revienne pas.
J'en profite pour aborder un point essentiel en Ayurvéda qui est celui des Rasayana, les plantes régénérantes dont la réglisse fait partie. Quand un tissu du corps, un organe, en l'occurence ici les poumons, a été irrité plusieurs fois au cours d'une période hivernale, il est probable qu'il ait été abimé donc fragilisé. Pour l'Ayurveda, même si les symptômes ont disparu, il va être important d'aller nourrir le tissu pour qu'ainsi renforcé, il résiste mieux aux futures agressions ou pathogènes.
La Réglisse a cette action spécifique de régénérer notamment les poumons mais aussi l'estomac, les intestins. Il va donc être intéressant pour quelqu'un sujet aux toux sèches, aux bronchites à répétitions de faire une cure de décoction de réglisse pendant plusieurs jours.
- Stimulante de la fonction surrénale, elle favorise un fonctionnement hormonal correct des femmes notamment au moment de la ménopause. Idéale donc pour soutenir une bonne vitalité. C'est une plante intéressante pour aider à se sevrer du café. Rappelons que la caféine fatigue les surrénales en les surstimulant.
Sédative, anti-dépressive, elle peut être un bon soutien en cas de dépression passagère. Son action adoucissante est aussi très puissante pour les ulcères et apaisante pour tout le système digestif, on peut aussi l'associer à la cannelle.
Les contre-indications sont l'hypertension, les œdèmes, la rétention des liquides en général. C'est une plante idéale pour les constitutions Vata et Pitta. A éviter en cas d'excès de Kapha ou d'Ama (toxines) - c'est à dire en cas de surpoids, de rétention d'eau, d'indigestion chronique.
Décoction : remplir une cuillère à soupe rase de racines coupées* et mettre dans un litre d'eau si possible filtrée. Couvrir la casserole et faire bouillir à minima 20mn, puis laisser encore infuser 10mn. Filtrer avec une petite passoire et mettre dans un thermos et boire en plusieurs fois dans la journée.
Si vous voulez rajouter du gingembre, éplucher l'équivalent d'un 1 à 2 cm de gingembre frais, à couper en 2 ou 3 morceaux et à faire bouillir en même temps.
*Les racines de réglisse coupées bio sont facilement disponibles en pharmacies ou magasins biologiques.
Vous pouvez les commander aussi chez Arcadie (les épices Cook que vous trouvez en magasin qui sont d'excellentes qualités ) https://www.arcadie.fr/boutique/619-reglisse-racines-coupees-bio.html
La période des fêtes met à rude épreuve chez beaucoup d'entre nous notre foie, notre pancréas. Viandes en sauce, chocolats, alcools, galettes des rois... se succèdent parfois à un rythme très soutenu.
Il est certain que notre corps appréciera tout premièrement quelques jours de diète que l'on peut donc accompagner par une décoction de racines de pissenlit.
En Ayurvéda, le pissenlit, Taraxacum officinale, de saveur douce et amère est recommandé pour détoxiner le système digestif d'Ama. Ama peut être traduit par "les aliments non digérés" qui viennent encrasser le système digestif, le sang, congestionner le foie et le pancréas... Une preuve d'Ama est le dépôt que l'on peut voir sur la langue le matin au réveil, ce peut être aussi la mauvaise haleine, une transpiration ou des selles aux odeurs plus fortes.
Il est donc pertinent d'aider l'organisme à éliminer au mieux Ama et permettre au foie notamment de retrouver pleinement ses capacités de digestion et d'élimination. En effet, le pissenlit régule le fonctionnement entre le foie, la vésicule biliaire, le pancréas et l'intestin grêle.
Il est donc un allié précieux pour les constitutions Pitta qui peuvent être facilement dérangées au niveau du foie par des repas trop riches. Son action rafraîchissante viendra rééquilibrer le dosa Pitta.
Le pissenlit est un précieux diurétique par son action nettoyante et décongestionnante. Il fait donc maigrir, il sera ainsi bienvenu pour les constitutions Kapha promptes à prendre du poids en cette période de l'année.
Toutefois, il n'est donc pas recommandé pour les personnes de constitution Vata par son action trop réduisante et rafraichissante. Pour ces dernières, une diète visant notamment réduire le sucre et de la tisane au gingembre seront plus indiquées. Le gingembre viendra équilibrer le feu digestif, réchauffer et nourrir l'organisme.
Il est à noter que le pissenlit a un Prabhava, c'est à dire une action spécifique exceptionnelle, celle de décongestionner les seins et les glandes mammaires. Pour optimiser son action dans ce cas, on peut l'associer avec du curcuma.
Décoction de racines de pissenlit : pour 1/2 litre, mettre une cuillerée à soupe rase de racines en morceaux (6 grammes environ). Couvrir et faire bouillir pendant 20 minutes puis boire en 2 ou 3 fois au cours de la journée. Le goût de la décoction est assez neutre.
Le thym est un précieux allié pour traverser l'hiver. Son spectre est très large et il agit plus particulièrement sur les poumons mais aussi le foie et l'estomac.
Pour les rhumes et autres infections respiratoires, il est très efficace grâce à ses propriétés antiseptiques et antivirales. Vous pouvez l'utiliser en tisanes et en inhalation et l'associer avec le romarin.
Il est aussi très utile pour toutes les types de toux par ses qualités antispasmodiques et expectorantes. Vous pourrez rajouter du miel*.
Pour l'inhalation, si vous avez la chance d'avoir du thym dans votre jardin, mettez une petite poignée pour un 1/2 litre d'eau bouillante. Restez à minima 10mn et renouveler 3 à 4 fois dans la journée. Sinon vous pouvez utiliser de l'huile essentielle**, 1 à 2 gouttes toujours à mettre dans l'eau bouillante.
Le thym est une excellente plante digestive qui va faciliter l'assimilation. On l'utilise aussi contre les cauchemars dus à une mauvaise digestion. Elle va renforcer le feu digestif.
Le thym convient à toutes les constitutions toutefois ne pas ne abuser en cas d'excès de Pitta (c'est à dire un feu digestif trop fort, de l'acidité).
*le miel devient nocif lorsqu'il est cuit - il est donc nécessaire de l'ajouter à votre tisane une fois que celle-ci aura refroidie.
** les huile essentielles sont à utiliser en inhalation et non en voie interne. Elles sont trop puissantes en voie interne ou directement sur la peau. En apparence elles sont très efficaces, pour l'Ayurveda et Atreya Smith en particulier, elles provoquent des effets secondaires importants. Ce dernier a vu au cours de ses nombreuses années de pratique, de plus en plus de problèmes chez ses clients causés par l'utilisation des HE.
Le Curcuma longa est une des plantes les plus couramment utilisées en Inde en raison de sa grande valeur thérapeutique. Voyons ensemble comment nous pouvons l'utiliser dans notre quotidien.
Tout premièrement, il est important d'acheter du curcuma de qualité. Le curcuma de la marque Cook qui a ses propres champs de curcuma bio à Madagascar est d'une très belle qualité et se trouve dans la majorité des magasins bio. Le curcuma doit avoir une belle couleur orange. Les poudres de curcuma bas de gamme sont souvent d'abord passées par l'industrie pharmaceutique qui en extrait la curcumine et revend ce qui reste pour être transformé en épice.
Dans la cuisine, c'est une épice tout simplement digestive qui apporte une jolie couleur au riz, aux plats en général. Ses saveurs sont amère, astringente et piquante.
En Ayurvéda, les plantes ne sont pas utilisées de la même manière pour tout le monde car cette science est très attentive au Virya de la plante, c'est-à-dire son énergie soit chauffante ou soit rafraîchissante. Le Curcuma a une virya quasiment neutre ce qui en fait une épice tri-doshique.* S'il est aussi prisé en Ayurvéda, c'est qu'il équilibre tout le métabolisme.
Quelques utilisations courantes :
- en cas de faiblesse du Feu Digestif (Agni) on peut l'utiliser en petite dose avant ou après le repas. 1/2 cuillère à café à peine dans un peu d'eau tiède. Il viendra équilibrer la flore intestinale et favoriser l'assimilation des nutriments.
- en cas de congestion du foie et du pancréas après une période de fêtes par exemple où l'on a abuser de sucre, d'alcool, de gras, il va soutenir, stimuler ces deux organes essentiels dans la digestion.
- en cas d'inflammation, c'est surtout pour cet effet thérapeutique que l'on vante le curcuma depuis quelques années en occident mais bien souvent en l'associant avec du poivre noir, ce qui est une grossière erreur pour l'Ayurveda. Le poivre est une épice très chauffante et contre indiqué lors de problèmes inflammatoires dans le corps.
- Il a une action purifiante du sang et donc forcément intéressant en cas de problèmes cutanées. En cas de petite coupure en cuisine, c'est un bon antiseptique et son astringence va aider à arrêter le sang. Après cette utilisation d'urgence, nettoyer avec de l'alcool et mettre un pansement (attention à vos vêtements, le curcuma les tâchera définitivement).
Mais comme toutes les plantes, elle n'a rien de miraculeuse c'est-à-dire que c'est avant tout par une nourriture et une hygiène de vie adaptées à notre constitution que l'on maintient en équilibre notre feu digestif, notre métabolisme. Ainsi l'utilisation d'une plante au quotidien ne doit pas être une solution de facilité qui viendrait pallier à notre incapacité à changer des habitudes néfastes !
Ne pas dépasser 2g par jour soit 1 cuillère à café rase. Contre indiqué en cas de grossesse. Si on prend des traitements par ailleurs, il est important de demander à notre médecin s'il y a la moindre contre-indication.
* pour en savoir plus sur l'ayurvéda
